Réussir son entretien d’embauche par Pôle Emploi

Mon nouveau conseiller Pôle Emploi (soit le troisième) est LE champion du « je te case mon porte-feuille de chômeurs dans les ateliers, du coup depuis que je le connais (soit juillet 2015), j’ai déjà eu droit à « décider de se former », un rendez-vous avec la psychologue du travail (je t’en parlerai plus tard), et l’atelier « réussir son entretien d’embauche » car il estimait que depuis avril (la fin de mon dernier contrat comme esclave téléconseillère – ça aussi je t’en parlerai, j’ai eu trois entretiens d’embauche mais je n’ai pas décroché le job donc CQFD the soucy c’est moi).

 

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Atelier: apprendre à déjouer les questions pièges.

Me voilà donc toute contente à me rendre à une journée de perdue (car cette atelier dure au moins six très longues heures) chez un prestataire de service de Pôle Emploi. Nous sommes quatre, toutes des femmes. On se présente. Je constate que je suis la plus jeune et celle qui a quitté son emploi le plus récemment aussi.

L’animatrice de notre atelier s’offusque du comportement de Pôle Emploi envers nous: entre les formations avortées, les conseils qui ne servent à rien, et les « non mais oubliez votre projet, moi je vous vois dans tel branche. », elle commence franchement à se dire qu’on va faire bureau des pleurs et des doléances.

Pause clope (ou téléphone, ça dépend de votre préférence de dépendance – éventuellement vous pouvez combiner les deux). Au retour, elle nous distribue les sacro-saints livrets violets qui seront le fil conducteur de notre atelier. Avec les réponses à donner et celles à éviter lors d’un entretien d’embauche. On gratte, on prend des notes (les livrets doivent être conservés car ils seront susceptibles d’être demandés par nos conseillers pour prouver qu’on est bien venu – faudrait pas rater une radiation). Chacun son tour on doit expliquer comment on mènerait notre entretien.

Pause midi. A peine le temps de manger qu’on recommence mais cette fois on doit simuler l’entretien en argumentant nos qualités et nos défauts (exit ceux qui se tirent une balle dans le pied). Rien à me reprocher sur ça, en fonction du poste je transforme « mes défauts » en qualités; alors je partage avec mes compagnes d’infortune dont certaines sont au chômage depuis l’année de mon bac (!).

Et voilà la simulation de l’entretien. Je passe en dernière étant donné que les autres ont fini par s’appuyer sur mes réponses aux autres exercices. Aucun commentaire après mon passage sur un métier sélectionné un peu au hasard étant donné que j’ai un profil général (Licence générale). Peut-être un peu cassante quand les questions ne sont pas en lien avec l’entretien (mais je te demande à toi si tu es propriétaire ou locataire?! Combien d’enfants tu veux avoir?! Ou si tu comptes te syndiquer dans la prochaine décennie?!).

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La Terre Promise?

A la fin: débriefing. Pour moi, d’après elle ce n’est « qu’une question de temps. » oui mais le temps est bien long au chômage. Elle me conseille de « bouger, changer de région car ici il n’y a pas d’avenir » oui mais avec quel argent? Partir à l’aventure et dormir dans des cartons c’est loin d’être la vie que j’avais envisagé (le côté bohème du punk à chien me va mal). Je décroche des entretiens mais pour si peu d’heures en CDD dans d’autres régions que je ne rentre pas dans mes frais (même pas pouvoir payer un logement).

Elle finit par me lancer le: « Avez-vous envisagé de changer de pays? L’Allemagne, ça ne vous tente pas? » Déjà je ne parle pas allemand et ensuite pour quoi faire? Dois-je aller gonfler le flot des migrants économiques (sans compter les réfugiés qui fuient les dictatures)? Est-on à ce point en manque de travail qu’on nous envoi à l’aventure vers une Terre Promise outre Rhin? wut__by_gemdedude-d51o5aq

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