La bonne décision?

Demain je commence mon nouveau contrat: six mois dans une autre région, encore sooooo_tired_by_mirz123-d4r35ju. Encore trois heures de route. Encore des nuits à l’hôtel parce que je n’ai pas de logement. Encore des moments à ne pas savoir ce que je vais manger, faute d’avoir de quoi cuisiner. Avant ça ne me gênait pashappy_run_away___nano7_by_mirz123-d5knhle. J’ai toujours eu coutume de dire que j’étais bien partout et jusque là c’était vrai.

Sauf que force est de constater que mon aventure en montagne m’a prouvé l’inverse et que j’appréhende vraiment de repartir run_away_emote_by_mirz123-d3gy2bu. Force est de constater également que mes amis sont ici. Que j’ai passé deux week-ends géniaux avec eux et que le prochain je devrai redescendre pour les revoir. Que c’est assez rare pour être signalé que désormais j’apprécierai de pouvoir passer plus de temps près de ceux qui comptent qu’à courir le monde.hugpileplz

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Mais où suis-je?

Tellement de choses ont changé en un an que je ne sais plus trop où j’en suis. A l’heure où j’écris ces lignes j’en ai même les larmes aux yeux tellement je suis dans un raisonnement qui me bouffe week_17___2012_emote_calendar_by_mirz123-d4y5loc.

J’ai l’impression que je commence juste à exister là maintenant à 30 ans remarkable___nano12_by_mirz123-d5kz064 (c’est tout balbutiant encore). Comme si avant j’avais été endormie. J’étais soumise à la volonté des autres et à leurs envies que j’avais un temps essayé de transformer en miennes et là j’écoute les miennes, celles qui ont décidées de se réveiller wut__by_gemdedude-d51o5aq. Evidemment je suis paumée. Parfois c’est mal et je culpabilise mais à quoi bon? Tout le monde a droit au bonheur, non?

Et là je repars not_happy_emote_by_mirz123-d413n6c. C’est l’inconnu à nouveau. La région je la connais à peine. Certes ce n’est pas si loin de là où j’ai travaillé cet été, certes c’est bien plus dans ce que j’aime faire, mais je doute de moi. Vais-je tenir six mois? Vais-je réussir ce boulot? Vais-je être à la hauteur? Vais-je supporter les contraintes horaires et le salaire? Vais-je supporter ce nouvel éloignement de mes amis? Et pire…

Comment construire quelque chose quand on ne sait pas où rester? Comment s’attacher aux gens quand on sait qu’on va les quitter? Pourquoi rien n’est-il jamais facile?

Et quand reverrais-je de mon petit village, fumer la cheminée et en quelle saison?

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Et mon poing?!

« Faut passer par là malheureusement ça passera vite allez ça va aller »

J’ai toujours trouvé assez incroyable cette incapacité qu’ont les gens à ne pas pouvoir te parler d’autre chose que du boulot. YK42B_Pulse_Rifle_by_Oktanas

J’ai voulu prendre des nouvelles d’une amie qui a eu un gros accident et elle m’a demandé si j’avais des nouvelles dans ma recherche d’emploi scratch_head_by_mirz123-d4hndrt.

Oui j’ai des nouvelles, évidemment. J’ai un contrat. Un contrat pas facile, avec des horaires décalés et coupés dans la journée, du travail le week-end, mais j’ai un contrat impatient_by_mirz123-d4dh7a5.

« Ah mais c’est génial tu vois tu commences par quelque chose de positif! »

Non c’est pas positif, c’est quasiment pareil que mon contrat d’avant. Le positif ça aurait été d’avoir l’autre contrat mais pas de nouvelles donc je me contente de ce que j’ai même si ça veut dire que je bosse 7 jours/7 avec des coupures la journée pour faire le quota.

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Tes réflexions à la con…

Mais évidemment j’ai eu droit à la phrase d’intro de cet article: « Faut passer par là malheureusement ça passera vite allez ça va aller ». Typiquement le genre de réflexions qui me donnent envie de frapper.not_happy_emote_by_mirz123-d413n6c Non on ne devrait pas avoir à en passer par là. Je ne parle même pas du « ça passera vite ». La blague.

Je sature. Je suis fatiguée discouraged___nanoemo14_day_by_mirz123-d85cnim. Fatiguée de voir que mes anciens patrons sont incapables de tenir leur parole et de m’envoyer les papiers de fin de contrat, fatiguée de devoir payer des loyers en double parce que je change de région, fatiguée de ne pas savoir si je vais avoir droit ou pas à un préavis réduit.dispaointed Je suis FATIGUÉE d’être continuellement dans la m*rde financièrement parlant. Je suis FATIGUÉE de voir que j’avais plus d’argent de disponible au RSA qu’en bossant sur des horaires de fou. FATIGUÉE aussi de ne pas pouvoir mettre de côté pour mon projet…lips_sealed_by_mirz123-d4129bs

Fatiguée tout simplement comme dans la chanson de Renaud… Fatiguée d’espérer, fatiguée de croire que ce soit professionnellement ou personnellement. Je suis juste fatiguée…dark_cloud_by_mirz123-d4vjcge

Comme un homme

Parfois j’ai l’impression d’être un peu comme Mulan: un jour j’ai décidé de faire ce que je voulais, que ce soit considéré comme masculin ou pas n’avait pas d’importance lighter_emote_by_mirz123-d4gs53y. J’ai donc poussé les portes du CFA et je suis entrée dans un univers inconnu où j’étais décidée à survivre fingers_crossed___nanoemo14_day_12_by_mirz123-d86i48y. Au fur et à mesure de l’année (que vous avez suivie sur ce blog), je suis devenue un peu plus légitime, au point de sortir major de promo (mes dossiers servent d’exemples aux nouveaux arrivants) cheerplz. Donc on peut dire que oui, je suis un peu devenue  la Mulan du camp d’entrainement. Celle qui s’est travesti pour intégrer un milieu d’hommes, qui a bien galéré les premières séances pour finalement aller décrocher cette putain de flèche en haut de ce poteau.

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Le rituel d’assimilation au masculin

Sauf que voilà, comme Mulan, une fois qu’on est cette femme au milieu d’un univers masculin, on est assimilé homme. Dans nos uniformes de boulot, on est égaux. Pas de chichis, le boulot c’est pareil. On porte les mêmes charges, on bosse sur le même matériel, et on démonte les machines tout pareil tractor. Sauf qu’une fois nos cottes retirées il reste des hommes et moi. Les conversations tournent autour des machines, des femmes. Au début on pense qu’on est invisible dans leurs paroles. On est plus vraiment considéré comme une femme. Et puis voilà les messages ambiguës qui arrivent.sooooo_tired_by_mirz123-d4r35ju On devient la femme. Celle qui est un peu plus forte que la leur parce qu’elle bosse avec eux. Celle qui comprend le boulot. Celle à qui on peut confier ses doutes. Et celle qu’on drague alors même qu’elle vous a entendu comparer les autres filles comme des génisses à une foire. Et celle qui est toujours seule, au final, et qui ne lâche pas la pression sad_emote_by_fear_the_brilliance-d53uysy.

Parce que j’ai choisi un boulot d’hommes, j’ai l’impression de devoir sans arrêt être à la hauteur. Je dois être forte. Je ne relâche jamais la pression. Aux réactions machistes ou misogynes je réponds par des je sais faire toute seule. C’est vrai. Je sais faire toute seule mais parfois, j’aimerai aussi avoir des bras dans lesquels me blottir parce que j’ai été forte trop longtemps sorry___nano14_by_mirz123-d5l27l7.

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Ne jamais baisser la garde

Et d’un côté j’ai la trouille. La trouille de ne pas trouver quelqu’un qui m’aime pour moi. La trouille de ne pas être à la hauteur. La trouille de ne pas avoir mon « Happily ever after« . feeling_blue_by_mirz123-d4mcyjm Quelque part je compense tout ça en acceptant des boulots avec des amplitudes horaires de folies, des astreintes, des week-ends qui n’existent plus sans doute pour oublier les douleurs et les échecs de ma vie à moi.

Le comme un homme s’arrête aux portes de mon appartement. Là je redeviens cette femme, pas forcément faible, mais qui voudrait avoir les bras d’un autre dans lesquels poser sa tête et cacher ses larmes. Je ne veux pas la place du second choix. Pas celle de l’amante d’un soir ou de la maîtresse qu’on cache et qui culpabilise _melancholy__by_mirz123-d2zprjj. Je voudrai pouvoir me blottir contre lui et qu’on se rassure mutuellement. Parce qu’il est aussi faible que moi, parce que je porte ses angoisses. Parce que parfois il faut être forte comme une femme aussi.

Les cafouillages de sa vie à elle

« Ah autrement dit elle préfère s’imaginer une relation avec quelqu’un d’absent que de créer des liens avec ceux qui sont présents ?
– Non, ou peut-être au contraire elle se met en quatre pour arranger les cafouillages de la vie des autres.
– Et elle ? Les cafouillages de la sienne de vie, qui va s’en occuper ? »
Amélie Poulain à M. Dufayel

J’entame ma dernière semaine d’arrêt sickies_by_mirz123-d4qalip. J’ai craqué. Que dire de tout ça ? Rien. Au final il n’y a rien à dire shake_head_no_emote_by_mirz123-d3frvi2. Normalement tout va se terminer par une rupture conventionnelle. Chacun reprendra sa liberté : l’entreprise et moi. Je partirai sans regrets  si ce n’est l’impression d’avoir raté quelque partrun_away_emote_by_mirz123-d3gy2bu.

J’ai passé une partie de mon temps prostrée dans mon lit à regarder Doctor Who dr__who_and_tardis_by_mirz123en buvant des infusions pour faire passer le xanax parce que l’évocation seule de certaines personnes du boulot me fait angoisser narrow_eyes___nanoemo14_day_4_by_mirz123-d858hlr.

Et puis je suis remontée doucement en selle discouraged___nanoemo14_day_by_mirz123-d85cnim. Parce que j’ai touché le fond (et que je n’avais plus d’épisodes de Doctor Who, et j’avais faim…). Je suis donc allée faire les courses et j’en ai profité pour acheter des cartes postales parce que c’est mon arme secrète. writing_emote_by_mirz123-d3ecsxzJ’ai rédigé mes missives et je les ai postées. J’ai déjà eu la preuve qu’une carte peut changer un quotidien qui est parfois très lourd.mail_4_you_emote_by_mirz123-d38ugjf Comme si ma guérison devait passer par celles des autres.

Le lendemain je suis partie à Cultura. Un auteur dédicaçait des livres. On a discuté. Je lui ai acheté. Je trouvais ça amusant. Je l’ai lu dans la foulée parce qu’il voulait un avis writing_by_mirz123-d4nnlfu. Et j’ai acheté un autre livre : Tu verras, les âmes se retrouvent toujours quelque part terminé également en quelques heures. Moi qui ne lisais plus…

Si le premier livre était un roman classique, le second c’est trouvé être bien plus en phase avec mes tourments sooooo_tired_by_mirz123-d4r35ju. Il énonçait comme vérité ce que je refusais de voir sur mes relations avec les hommes même si j’en avais déjà entrevu une partie pendant ma convalescence. Ce besoin de se sentir aimée et l’histoire impossible.week_19_36__52_week_emotes_by_mirz123-d49mlok Cette histoire qu’on aurait voulu réécrire pour avoir son « Heureux pour toujours » et qui nous fait du mal parce qu’on se quitte et on se manque… atrocement… Le vide qu’on comble comme on peut ailleurs : en se noyant dans les projets, en cherchant du réconfort avec d’autres…

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Elle est différente…

Alors oui je crois que je suis comme cette fille sur le tableau de Renoir. Je suis là avec mon verre, au milieu de cette foule de gens qui parlent hitmsgplz_by_n3kozuki-d4ayspq. Certains parlent de moi en termes peu élogieux et je m’en fou. Que je sois la s***** ou autre ça ne m’atteins plus. (Messieurs ce qui est tolérable pour vous doit l’être aussi pour moi. Si je suis capable de faire votre boulot, je suis aussi capable d’avoir vos émotions ou envies, et même de porter vos couilles mieux que vous et tant pis si ça vous émascule double_stinkeye_by_dully101-d60zdwb). Certains parlent d’autres choses, sans doute de boulot parce qu’il semble que ce soit socialement acceptable. Et moi je suis là. Je suis là sans y être et je pense à quelqu’un d’absent alors que je pourrai aller échanger avec les autres (avec ma timidité maladive tu parles remarkable___nano12_by_mirz123-d5kz064). Je pourrais aller faire connaissance mais j’écoute les conversations. Je suis la fille à qui on parle de ses problèmes et qui va tenter de mettre un sourire sur le visage de l’autre en cachant qu’elle est ravagée de l’intérieur.

Au fond je fini par me demander si je n’essaye pas de régler les problèmes des autres pour ne pas avoir à m’occuper des miens ?depressed_emote_by_petra1999-d7c7gaz